jeudi 6 septembre 2007

Reportage "L'impasse"

Chronique "Des Routes et des Hommes"
par Anne-Françoise Lyasse - France Bleu

"Difficile cette fois de compter sur le seul charme de la Vieille Dame pour venir à bout de cet imbroglio : Élise et Fabien n'ont plus de papiers. L'ambassade de France semble décidée à s'en laver les mains. Les voilà coincés, sans visa : illégaux pour rester en Russie, illégaux pour passer une frontière."

  • L'impasse (03 mn 32 / France Bleu, jeudi 6 septembre 2007 - 22h05)
Source : France Bleu

Début des négociations

A l'heure actuelle, aucune solution n'a encore été trouvée. Élise et Fabien sont toujours bloqués sur le territoire russe, en infraction depuis ce matin. Ils étaient hier soir dans une petite ville, dont le nom m'échappe, non loin de la frontière kazakhe, dans un club de vieilles voitures. Aucun interlocuteur ne parlant anglais, les échanges furent approximatifs.

Ce matin, ils se sont résignés à quitter momentanément la "vieille dame" pour prendre le bus vers Iekaterinbourg. Le but est d'aller négocier une prolongation de leurs visas directement avec les services de l'immigration. Ils ont peu de chance d'obtenir satisfaction (avant eux, le voyageur Nicolas Vannier avec sa cohorte de chiens, avait rencontré les mêmes soucis administratifs et avait dû rebrousser chemin), mais ils sont bien décidés à se battre. La tâche s'avère on ne peut plus délicate et décisive pour la suite de l'expédition...

mercredi 5 septembre 2007

Reportage "Kilomètre 6300"

Chronique "Des Routes et des Hommes"
par Anne-Françoise Lyasse - France Bleu

"Le bout de la Sibérie, comme la fin du tunnel, on y est. Fin de la plaine, début des montagnes... et avec les montagnes, les ennuis. Ce soir, minuit aux pendules russes, le visa d'Élise et Fabien expire. Reste à courir contre la montre, contre le temps, le plus vite possible pour éviter les amendes trop fortes à la sortie du territoire russe. Rouler... jusqu'au bout."

  • Kilomètre 6300 (03 mn 30 / France Bleu, mercredi 5 septembre 2007 - 22h05)
Source : France Bleu

Tentative d'évasion

Ce matin, à l'heure d'enregistrer des nouvelles pour la radio, le moral était bon. Les kilomètres défilaient, l'Oural ne semblait pas effrayer la vieille dame. Mais l'ambassade de France en Russie a changé la donne : obligation de quitter le territoire russe à expiration du visa. Ce soir, minuit.

Après une tentative par le Kazakhstan, qui n'est a priori pas plus coopératif, Élise et Fabien étudient une évasion par les airs...

Si quelqu'un a la moindre idée... c'est le moment !

Pour que l'aventure continue.

AFL

mardi 4 septembre 2007

Reportage "Kilomètre 5800"

Chronique "Des Routes et des Hommes"
par Anne-Françoise Lyasse - France Bleu

"Un mois passé depuis leur départ, et comme un nouveau souffle chez les Pekinois. L'inquiètude, légitime, à se savoir quasi sans-papiers, a laissé la place à une ferme résolution : malgré l'administration russe, ils roulent et rouleront... quoiqu'il en coûte... Fini la Sibérie, bonjour l'Oural, bientôt Moscou."

Source : France Bleu

Quand le raid devient rallye

Ils roulent, ils roulent... Sans cesse. Ils enchaînent les kilomètres, les uns après les autres, avec plus d'ardeur que jamais. L'expédition se métamorphose désormais en course contre la montre. C'est bien après le temps, qu'ils courent. Le temps qui file plus vite que les distances. Demain, leurs visas russes expirent et l'aventure par la même occasion, si un contrôle de police venait à les surprendre.

La "vieille dame" reprend pourtant de sa jeunesse. Comme en 24, dirait-on ! Année de ses débuts, quand elle cahotait sur ses premiers pavés parisiens. Dans un sursaut d'orgueil, elle redresse l'échine, vrombit de plus bel, de tout son souffle : ne pas faire pâle figure face à ses ancêtres congénères, qui passèrent par-là bien avant elle. Être digne de son allure et fidèle à sa devise, celle "d'aller n'importe où".

Mais, saura t'elle encore séduire ? Infléchir le regard des autorités ? Et offrir à ses passagers, la clémence d'une prolongation tant espérée ? Elle s'approche maintenant de Kourgan, toute haletante mais parée de ses plus séduisants reflets. Décidée à faire resplendir l'élégance de sa silhouette envers et contre toutes les entraves...

Heureux qui comme Ulysse…

Si Xavier Vérin exerce au quotidien la profession de médecin, quand il n’est pas de garde, un de ses grands plaisirs le week-end est de soigner les mécaniques anciennes et plus particulièrement celles des Citroën 5HP. Les faiblesses de ce modèle, à force de s’évertuer à les "fréquenter" avec assiduité, on peut dire qu’il les connaît sur le bout des doigts. Aussi, avant de partir, m’avait-il encouragé à emporter non pas un mais deux arbres de roues. Dominique Laureau, autre grand spécialiste de la 5HP, m’assurait lui de son coté qu’un seul arbre de roue de rechange suffirait amplement pour boucler la route, la probabilité d’en casser étant selon lui fort faible. Dominique ayant révisé le pont et jugé la qualité des arbres de roues de la "vieille dame" comme bonne, je me suis rangé à son avis et lui ai emprunté au final qu’une seule de ces "béquilles" pour 5HP.

Aujourd’hui encore, après plus de 5 000 kilomètres parcourus – Élise n’étant pour rien dans cette décision, je me vois mal l’incriminer – je me demande encore si ma décision fut bonne et surtout si les pistes mongoles puis les routes russes ne sont pas du genre à forcer toutes les probabilités, même les plus improbables. "Un ou deux arbres de roues de rechange ?" : la question ne se pose plus vraiment en ces termes puisque le premier et le seul que l’on ait emmené, a du prendre au pied levé la relève, et ce, avant même que l’on eut passé la frontière russo-mongole.

Depuis presque trois mille kilomètres déjà, nous roulons donc sans béquille de rechange, comptant sur la chance pour ne pas briser un autre de ces fameux arbres de roues et attendant chaque jour ou presque la livraison du remplaçant du remplaçant. En effet, ce cher Xavier, pas rancunier pour deux sous, depuis près d’une semaine déjà, a fait partir un nouvel arbre de roue tout neuf. Mais voilà, au pays des administrations, les douanes sont reines ! Notre colis, s’il a bel et bien été acheminé de France jusqu’à Novossibirsk par l’entremise de notre partenaire DHL et ce, en moins de trois jours, subit depuis les affres de la douane russe. Si nous nous félicitions vendredi d’avoir atteint Tomsk, à dire vrai, c’était aussi dans l’espoir de recevoir enfin notre colis. Peine perdue, il n’y était pas encore !


L'agence DHL de Tomsk

Avant de partir, nous avons donc demandé à DHL de renvoyer notre colis à Moscou ou mieux, si celui-ci est rapidement libéré par les douanes, à Tchelabinsk, à environ 850 km d’Omsk. Pour cela, il a fallu rédiger une demande… en français ! Car chez DHL Tomsk, on a le choix des langues : le russe bien évidemment, l’anglais, c’est courant mais aussi l’allemand et surtout, le français. De quoi être rassuré sur la bonne compréhension de notre demande un peu particulière. Très gentiment, comme pour s’excuser de ne pas avoir pu nous aider plus encore, le personnel de DHL Tomsk nous a même invité à déjeuner avant que l’on reprenne la route. Si nous n’avons toujours pas de colis – nous l’attendons toujours – ce ne sont pas les contacts qui manquent à son sujet. Quand aux douanes russes, espérons qu’elles ne chinoisent pas plus que leurs homologues de Tian Jin…

Fabien

lundi 3 septembre 2007

Reportage "Kilomètre 5400"

Chronique "Des Routes et des Hommes"
par Anne-Françoise Lyasse - France Bleu

"On passe en nocturne, donc... Petites nouvelles, vers 22 heures, pour dormir tranquille. A cette heure-là, évidemment, ils ne sont pas en direct nos Pékinois... il est quatre heures du matin en Sibérie... Magie des ondes... pendant qu'ils se reposent, ils nous rassurent. Tout va bien. Pour l'instant. Une nouvelle étape, Omsk, une nouvelle victoire contre le temps qui file, et leur visa qui menace d'expirer."

Source : France Bleu

Tomck* l’oubliée

* En cyrillique, Tomsk s’écrit Tomck

"Coincée" entre Novossibirsk, plus grande ville de Sibérie qui compte trois fois plus d’habitants, et Krassnoyarsk, qui peine à atteindre le million, Tomsk , avec ses presque cinq cent milles âmes, donne, sur la carte et dans les chiffres, l’impression d’avoir du mal à exister. Surtout, qu’à la différence de ses deux "grandes sœurs", les autorités de la ville, redoutant alors le bruit, la pollution et autres désagréments du même acabit, refusèrent, il y a plus d’un siècle, qu’elle soit traversée par le naissant Transsibérien. Cette décision, qui, du point de vue commercial, peut évidemment être considérée comme désastreuse, entraîna à l’époque, son isolement économique. Un lent et inévitable déclin affecta dès lors cet important centre marchand.

Demeure en bois, récemment rénovée

On enseigne encore cet art minutieux de la sculpture sur bois à la Chkola 43 (au 31 de la Karla Marksa)

C’est certainement cet isolement qui, décennies après décennies, permit à Tomsk de conserver intacte ou presque une bonne partie de son architecture de l’époque. D’anciennes maisons en rondins aux façades sculptées et aux fenêtres dentelées côtoient encore de superbes bâtiments datant de la fin du XIXème siècle, l’ensemble bordant des rues verdoyantes et ombragées, souvent en pente et aux trottoirs prenant des airs d’escaliers.


A gauche : comme partout en Russie, Tomsk étale son or sur les coupoles de ses églises
En haut à droite : la mosquée rouge, bâtiment qui a longtemps servi de distillerie de vodka
pendant la période soviétique. En bas à droite : demeure traditionnelle en bois

Les maisons traditionnelles en bois, un patrimoine architectural qui se fait de plus en plus rare
au cœur des villes sibériennes, sauf à Tomsk où l’on prend soin de les rénover

La brique rouge et le bois font bon ménage à Tomsk
À droite, une superbe demeure à l’angle de la rue Trifonova...

... avec dans le détail, des fenêtres en dentelle de bois

Un tramway traverse les principaux quartiers et dessert un grand nombre d’arrêts, facilitant grandement la visite du cœur historique de la ville, visite qu’il faut absolument effectuer. En effet, aujourd’hui, malgré l’absence du Transsibérien, Tomsk peut se vanter d’être l’une des villes les plus agréables de Sibérie. Qui plus est, sa population est jeune et dynamique puisque Tomsk compte pas moins d’une demi douzaine de grandes écoles et demeure un des centres universitaires les plus appréciés du pays. Environ un cinquième des habitants travaillent pour le compte des universités ou sont étudiants, de quoi envisager l’avenir avec sérénité. En 2004, ces mêmes habitants ont d’ailleurs fêtés les 400 ans de Tomsk, conjuguant avec aisance le passé et le présent d’une ville au cachet demeuré intact. Laissez-vous bercer par son insouciance et sa langueur toute estivale, période où pour cause de vacances, les étudiants la désertent et par leur absence, lui redonnent, le temps d’un instant, son visage d’antan.

Les pékinois

Un tramway à l'allure franchement soviétique

La ligne tramway qui, malgré son aspect en friche, continu de traverser la vieille ville.
Tomsk, une ville où il fait bon vivre et où même les chiens et les chats s’entendent !

samedi 1 septembre 2007

Célébration nationale 2007

Le site Culture.fr, patronné par le Ministère de la Culture et de la Communication, publie un article extrait de l'ouvrage papier publié sous l'autorité scientifique du Haut comité des Célébrations nationales, consacré aux anniversaires inscrits chaque année parmi les célébrations nationales :

Premier raid automobile
Pékin-Paris, 10 juin – 10 août 1907

"Le chemin est un peu moins rude immédiatement après la Grande muraille"
dans Pékin-Paris automobile en quatre-vingts jours par Jean du Taillis, nov. 1907
© Leemage

Du fait de leur succès et de leur retentissement publicitaire savamment orchestrés, les croisières automobiles africaines et asiatiques Citroën ("Noire" en 1924, et "Jaune" en 1931) ont éclipsé les toutes premières tentatives de circulation autour du monde parmi lesquelles le Pékin-Paris de 1907.

Moyennant 2 000 francs d’inscription, cinq concurrents prirent donc, à Pékin, le 10 juin de cette année-là, le départ de ce qui peut être tenu pour le premier raid automobile intercontinental de l’histoire ; en 1905, une Rover avait toutefois tenté un trajet Coventry-Constantinople et, un peu auparavant, l’Américain Charles J. Glidden sur Napier avait été le premier conducteur transcontinental de l’histoire.

En termes pratiques, les véhicules avaient été transférés en Asie à bord du navire l’Océanien de la Compagnie des messageries maritimes jusqu’à Shangaï. Ensuite, maintes difficultés diplomatiques avaient dû être surmontées. L’échec, de ce point de vue, d’une tentative de reproduction de ce raid en 1991 en dit long sur l’exploit que cela représenta à l’époque…

S’étaient élancées en direction de la place du Trône à Paris une Itala, pilotée par le prince Scipion Borghèse, qui l’emporta finalement, 16 000 kilomètres et 60 jours plus tard (un véhicule de cette marque avait été engagé dans le premier Grand Prix de l’Automobile Club de France en 1906), deux de Dion-Bouton, conduites par Cormier et Collignon qui, ayant évolué "avec régularité", furent également à l’arrivée vingt jours plus tard. Une Spyker (marque hollandaise) et un tricycle "Mototri Contal", qui eux n’arrivèrent pas, s’étaient aussi alignés.

Cette épreuve, lointain ancêtre des rallyes-raids contemporains, bénéficia d’une médiatisation considérable propre aux premiers exploits sportifs automobiles dont Paris, cœur de la dynamique mondiale de l’automobilisme, était le dénominateur géographique commun. Le journal de la capitale, Le Matin, en fut d’ailleurs l’organisateur et ses reporters globe-trotters accompagnèrent de leur plume, pour un public curieux du genre des "voyages illustrés", les tours de roue des participants, transformant aussitôt le parcours en épopée d’anthologie. À travers des terrains variés et des contrées hostiles, "demi-barbares" disait-on fort d’une bonne conscience occidentale – désert de Gobi, Sibérie, Oural, etc. – l’auto passa, donnant l’occasion de nombreux clichés dont l’exotisme rappelait les vues d’Albert Kahn.

À la veille de mutations décisives dans le monde de la production, – en 1908 sortit aux États-Unis la Ford T –, "Pékin-Paris a démontré que le progrès avait désormais à sa disposition un instrument d’une incomparable puissance, sur lequel il pouvait infailliblement compter" notait avec raison Jean du Taillis. À partir de cette date, la révolution automobile justifia plus que jamais son nom et les mêmes recettes furent réemployées en 1908 avec la "course" Paris-New-York. Un siècle après, il est à remarquer qu’une ironie de l’histoire spectaculaire fait de la Chine l’un des marchés émergents les plus dynamiques pour l’industrie automobile alors que l’objet lui-même y était encore inconnu lorsque ces pionniers s’y aventurèrent.

Mathieu Flonneau
Maître de conférences en histoire contemporaine
université Paris-I Panthéon-Sorbonne

Célébrations nationales 2007
Texte publié sous l'autorité scientifique du Haut comité des Célébrations nationales, placé sous la présidence de Jean Leclant, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Renseignements auprès de la direction des Archives de France : 01 40 27 62 01

Bibliographie :

  • L. BARZINI, "Le voyage du prince Scipion Borghèse, de Pékin à Paris en automobile", Le tour du monde, tome XIV, n° 1, 4 janv. 1908.
  • J. DU TAILLIS, Pékin-Paris automobile en quatre-vingts jours, préface de G. Leroux, Paris, F. Juven, 1907.
  • A. ANDREWS, La course Pékin-Paris, 1907, Paris, Plon, 1966.
  • M. FLONNEAU, Paris et l’automobile au XXe siècle. Un siècle de passions, Paris, Hachette, 2005.
  • M. FLONNEAU, avec J.-Fr. DOULET, Paris-Pékin : civiliser l’automobile, Paris, Descartes et Cie, 2003.
  • J. ROUSSEAU, M. IATCA, Histoire mondiale de l’automobile, Paris, Hachette, 1958.

On parle de nous (5)




Depuis le début de leur périple, Élise et Fabien tiennent régulièrement informer le quotidien La Voix du Nord, par quelques articles qu'ils confectionnent eux-même, comme des envoyés spéciaux du journal, témoins de leurs propres aventures. En voici un de plus.

"L'arche mongole

Mongolie : vaste pays peuplé de vide. Ce n’est pas être insultant que de dire cela. Sa surface représente en effet pas moins de trois fois celle de la France pour une population estimée à 2,8 millions d’habitants. Là où nous sommes un peu plus de soixante millions, la Mongolie affiche un chiffre plus étonnant encore : celui d’un cheval par habitant… que dire alors des moutons et des chèvres qui, à eux seuls, du haut de leurs 15 millions, dominent grandement la "démographie" mongole ? Rien si ce n’est que sur la terre natale du terrible Genghis Khan, on croise évidemment plus d’animaux que d’hommes. Si la plupart d’entre eux sont issus de l’élevage, certains, à l’instar du chameau, n’ont pas d’équivalence chez nous. Animal au caractère irascible, ce dernier n’a pas son pareil pour parcourir sans se plaindre et sous le soleil les pistes brûlantes du désert de Gobi. Pour autant, de son pas nonchalant, on le retrouve aussi, bien plus au Nord, au cœur des steppes, là où le petit cheval mongol est roi en son domaine. Mais ici, entre élevage et totale liberté, il est souvent difficile de faire la différence. Chaque jour, nous croisons d’immenses troupeaux de moutons, veaux et vaches qui, le long des routes, paissent tranquillement, sans avoir à subir la présence de leur berger ou de ses chiens. En Mongolie, la journée, seul la distance fait office de barrières. Le soir, quand la nuit tombe, tout ce petit monde reprend le chemin de la ger*, encouragé par les adultes et les plus jeunes. En Mongolie, vaste pays peuplé de sons, on s’endort sous les étoiles, seulement bercé par les bêlements et les beuglements.

* Habitation mongole traditionnelle de forme circulaire appelée aussi yourte en russe

Élisabeth Pette & Fabien Hamm
Des Routes et des Hommes"

Matinée mécanique

Arrivée hier soir à une trentaine de kilomètres de Novossibirsk, la fine équipe s'organise pour passer la nuit. Nuit chargée de réflexions et de doutes quant aux papiers en attente et aux douleurs qu'éprouvent la "vieille dame".

Car elle souffre, en silence, depuis de nombreux kilomètres et les symptômes se font ressentir. Il est donc impératif de consacrer la matinée à la remise en état de la mécanique, tout au moins à la préservation de ses capacités à avaler de nouveaux kilomètres. A chaque jour sa peine !

Revue de détail des "fragilités" observées. Pour commencer, le flector de transmission de la barre de pont est partiellement décroché. La compétence et le matériel d'un garagiste seraient les bienvenus pour réparer ce genre d'avarie. Continuons avec la roue arrière gauche qui présente toujours du jeu. Ce souci récurrent, depuis le début du parcours en Mongolie, a déjà fait preuve de plusieurs interventions mais les diverses soudures n'ont pas été suffisamment efficaces.

Dernier problème, et pas des moindres, la mâchoire de frein de la roue arrière droite est cassée. Celle-ci frotte continuellement sur le tambour de frein et chauffe. Malheureusement, Élise et Fabien n'ont pas cette pièce en rechange et comme celle-ci est impossible à souder, il faudra faire avec, pour la suite du parcours.

Malgré les risques d'être expulsé de Russie ou encore de continuer le voyage à pied (!), le moral d'Élise et Fabien est bon. Ils sont tenaces. On en attend pas moins d'eux...