mercredi 29 août 2007

Reportage "Kilomètre 4300"

Chronique "Des Routes et des Hommes"
par Anne-Françoise Lyasse - France Bleu

"Tomsk, aujourd'hui. 2000 Kilomètres en moins d'une semaine, depuis Irkousk. Belle performance ! Belle performance, mais du coup, le résumé est simple : Tout roule !"

Source : France Bleu

1907 - Les folles péripéties de Sibérie (4)

"Les routes qui traversaient la Sibérie centrale devenaient de plus en plus exécrables. La mauvaise saison rendait l'épaisse boue noire de la steppe moscovite encore plus profonde et plus collante. Les pilotes s'étaient procuré des bottes russes, qui leur facilitaient la descente fréquente dans les villages, où la concentration des lourds chariots convertissait les ruelles en fondrières. C'était d'ailleurs dans ces villages que les autos s'enlisaient le plus souvent ; heureusement, il y a avait là de nombreux animaux de trait, qui les tiraient toujours d'embarras. Dans les campagnes, la piste recouverte de rondins devenait quasi impraticables lorsque les moujiks détournaient ce bois à d'autres fins ; mais le plus souvent, il ne restait qu'un sentier, à peine discernable sur la terre détrempée ou dans les sous-bois. Personne n'y passait jamais, car les gens du pays préféraient utiliser des sentiers "privés", qui traversaient leurs champs. Nul ne comblait les trous ni n'enlevait les arbres tombés. L'ennemi mortel et permanent de la mécanique était la boue ; il fallait patiner pendant deux heures pour grimper une petite côte de 200 mètres. Au passage des rivières, les bacs, fréquents, parfois fragiles et toujours très lents, s'amélioraient cependant à mesure que l'on avançait vers l'ouest ; mais cette amélioration ne s'étendait pas à l'hôtellerie russe, qui devenait au contraire de plus en plus inhospitalière."

Plus on pénètre dans l'est de la Russie, plus impossibles sont les chemins, plus la foule est fascinée...

...et plus le départ est pétaradant

Les paysans qui n'ont, de leur vie, vu une automobile s'amusent follement à ce spectacle

L'Itala dans la cour d'une auberge russe


Extrait du récit d'Allen Andrews
La course PÉKIN-PARIS 1907
Édition : PLON
Dépôt légal : 2ème trimestre 1966

mardi 28 août 2007

Le Gobi russe

Nous qui pensions en avoir terminé des routes infernales du désert de Gobi qui ont tant fait souffrir notre "vieille dame". Nous qui pensions emprunter des routes lisses, goudronnées, dignes des plus beaux tapis de billard. Nous pensions même finir par nous ennuyer un peu sur ces mêmes routes asphaltées. Eh bien, nous nous trompions ! Voire même que le plus difficile pour nous et pour la "vieille dame" restait à venir. A un tel point que nous regrettions presque les fameuses pistes du Gobi que nous avons tant et tant maudites.


En effet, il existe une petite portion de route entre Irkoutsk et Krasnoyarsk, tout près de Kansk, portion non entretenue et laissée totalement à l’abandon. Les raisons de ce "non entretien" de l’unique voie reliant Moscou à Vladivostok restent pour nous un mystère. Alors que chaque jour, des centaines de véhicules la parcourent, personne ou presque semble s’en émouvoir. A cette unique question, la réponse reste toujours la même : "Russia !!!". "Russia" ou pas, sans moyen de la contourner, nous sommes contraints et forcés de l’emprunter en priant bien évidemment pour que les arbres de roues résistent aux profondes et terribles ornières. Aussi, à une vitesse plus que réduite, en prenant toutes les précautions d’usage dans ce genre de circonstances, et avec notre "grande expérience" acquise lors de la traversée du Gobi, cette terrible portion n’est plus qu’un souvenir, nous l’avons vaincue.

Aujourd’hui, l’enfer du "nid de poule" (nids de poule dans lesquels pourrait aisément se cacher une autruche …) est derrière nous. A nous le paradis asphalté, nous voici désormais lancés telle une boule de billard…

Les Pékinois

1907 - Les folles péripéties de Sibérie (3)

"Deux jours plus tard, l'Itala passait la Michika sur un pont. C'était un grand pont de fer, beaucoup plus long que celui qui avait arrêté Borghèse ; un pont qui franchissait la rivière à son point le plus large, tout près du lac. Il reliait de hautes falaises qui s'élevaient au-dessus du fleuve tumultueux. En passant, les Italiens se penchaient pour contempler les eaux jaunes qui bondissaient au-dessous d'eux."

"Ils riaient comme des écoliers en fraude, car ils n'avaient pas construit de pont. Celui-là, ils l'empruntaient, tout simplement au Transsibérien. La voiture cahotait sur les traverses, deux de ses roues circulant entre les rails, et les deux autres plus près du bord que ne l'aurait désiré Borghèse, car presque tous ces ponts étaient dépourvus de parapets. L'allure devenait une sorte de galop lent, très déconcertant pour les pilotes, et propre à faire naître le mal de mer chez leur passager. Car ils emmenaient un passager. C'était un policier qui brandissait un grand drapeau rouge, accessoire nouveau et très nécessaire, car l'homme s'en servait pour arrêter les trains."

"L'idée était née dans la cervelle de Borghèse tandis qu'il parlementait avec le bûcheron, mais il fallut deux jours pour la réaliser. (...) Un télégramme fut immédiatement expédié au gouverneur général de Sibérie, demandant l'autorisation de passer sur la voie. (...) Dans les vingt-quatre heures, l'autorisation souhaitée arriva. Le lendemain matin, l'Itala reprenait la route. Le Prince emportait, comme bagages supplémentaires, deux planches, destinées à faire monter la voiture sur le ballast, et un horaire des trains."

"L'horaire était indispensable, car il fallait prévoir, non seulement les moments pendant lesquels l'automobile pouvait utiliser la voie, mais aussi les voies de garage où elle pourrait se ranger pour laisser passer les convois. (...) Une rampe fut établie au moyen des deux planches et de vieilles traverses ; elle permit à la voiture de grimper sur la voie. Alors commença l'étrange voyage en direction de Moscou."

Pas d'autre solution que d'emprunter la voie du Transsibérien. L'Itala flanquée d'un policier
dont le drapeau rouge déployé a pour mission d'arrêter les trains en vue

La traversée des fleuves sibériens par ferry comportant souvent un embarquement délicat


Extrait du récit d'Allen Andrews
La course PÉKIN-PARIS 1907
Édition : PLON
Dépôt légal : 2ème trimestre 1966

Que ce monde est petit

Il est des rencontres que l’on imagine parfois mais, qui, le jour venu, nous étonneront tout de même, comme si les penser à l’avance les avaient rendues plus improbables encore. Certes, l’adage est connu : "le monde est petit". Oui, mais quand même… et s’il est grand, si grand qu’il nous faut des jours pour couvrir ne serait-ce que l’étendue d’un seul fuseau horaire, on nous répondra encore que la route – si route il y a – reste souvent la même. D’accord… d’accord, nous en convenons. Mais sur une route de presque 8 000 kilomètres, les occasions de se manquer sont statistiquement si nombreuses, que sans rendez-vous aucun, se rencontrer, c’est alors défier les lois du hasard. Et pourtant, une fois encore, nous le vérifions, le monde est petit…

Entre Oulan-Oude et Irkoutsk, alors que notre "vieille dame" fume sur le bord de la route, que la montée est encore longue et que le panneau indiquant ses 12% est dépassé depuis deux kilomètres au moins, apparaît en sens inverse l’étonnante silhouette d’une Renault 4CV. Il ne peut s’agir que d’elle… la 4CV de Steven Weinberg. Né aux Pays-Bas, ce résidant luxembourgeois – nous l’avions lu sur son blog – depuis longtemps, nourrissait le projet de relier Paris à Pékin, à bord de sa fidèle "compagne" de route, une Renault 4CV de 1959… celle-la même avec laquelle il sillonne la France depuis quelques années déjà. Ce projet*, Paris-Pékin, est désormais bien avancé puisqu’en un peu moins de deux mois (le périple a commencé début juillet), Steven et son ami russe Igor, ont déjà bouclé plus de 11 000 kilomètres. D’ailleurs, au moment où on les croise, ils arrivent presque au bout de leurs efforts puisque le terminus est prévu un peu avant Oulan-Oude.

La pluie sibérienne voulant elle aussi être de la partie, nous sommes redescendus en direction du premier "café" afin d’y prendre une boisson chaude et, surtout, d’échanger nos impressions sur nos voyages respectifs et sur le pourquoi de ceux-là, laissant la "vieille dame" et la "petite"**, tout à leur tête à tête. Une heure plus tard, la route étant longue et avant que la nuit ne s’invite à son tour, nous nous quittons ravis, en promettant de nous revoir à l’automne.

A bientôt donc…

Les Pékinois

* Dans le détail mais aussi dans sa globalité, le projet comporte trois étapes : - Eté 2007 : Paris-Irkoutsk via le Luxembourg, l’Allemagne, la Pologne, l’Ukraine et la Russie - Hiver 2008 : Traversée aller et retour du lac Baïkal… sur glace - Eté 2008 : Irkoutsk-Pékin via la Mongolie

** C’est ainsi et affectueusement que Steven nomme sa 4CV.


Pour voir,
entre autres,
de superbes photos de ce périple,
nous vous invitons à consulter le blog de Steven.

Reportage "Kilomètre 3900"

Chronique "Des Routes et des Hommes"
par Anne-Françoise Lyasse - France Bleu

"Hier sur France Bleu y a presqu'eu dispute à l'heure de lancer la chronique. Fidèle à mes Pékinois, je soutenais qu'ils tiendraient leur pari et qu'on sablerait le champagne ensemble, autour du 17 septembre.... Grégory les attendait vers Noël : Novembre au mieux. C'est moche à avouer... Grégory Choquené a toujours raison !"

Source : France Bleu

lundi 27 août 2007

Un jardin pour la vie...

De loin, on dirait de surprenantes et complexes structures en verre. De près, elles ressembleraient plutôt à des lits d’enfants, de ceux que l’on trouvait encore dans les maisons de nos grands parents, tout en métal. Il y en a des bleus, des blancs, des verts… En fait, tels des jardins, ce sont des endroits où, en Sibérie comme ailleurs, on cultive les souvenirs et où on considère l’oubli comme une mauvaise herbe. Lieu de mémoire, besoin d’un dialogue persistant entre les vivants et les morts, cette colline n’est pas celle des oubliés. En effet, quand ils viennent par ici, ceux qui sont restés prennent place sur les petits bancs de bois, pendant que les autres, les "partis", attendent désormais couchés les visites de leurs proches, le regard constamment tourné vers le ciel. Dans ces jardins de mémoire, les souvenirs sont persistants et telles les fleurs en plastique, ils semblent ne jamais devoir dépérir. C’est comme si chaque histoire avait son espace, avec une barrière, pour mieux la protéger.

Les Pékinois

On parle de nous (4)




Depuis le début de leur périple, Élise et Fabien ont déjà pris quelques habitudes. Il en est une parmi d'autres, celle de tenir régulièrement informer le quotidien La Voix du Nord, par quelques articles qu'ils confectionnent eux-même, comme des envoyés spéciaux du journal, témoins de leurs propres aventures. En voici la teneur.

"Faux départ… ou vrai départ à la chinoise

Cinq jours que nous sommes à Pékin. Cinq jours… une éternité ou presque. Trop sûrement pour nous qui attendons depuis de longs mois le moment du départ. A dire vrai, le temps passe vite ici. Entre la découverte d’une mégalopole tentaculaire et étendue comme la Belgique, de ses avenues larges comme des autoroutes, de ses fabuleux monuments hérités des dynasties Ming et Qing, les journées se suivent et ne se ressemblent pas. Reste l’attente… cette attente, cette espérance presque, qui, même quand on est occupé de mille et une choses à faire et à défaire, semble défier la logique du temps qui passe. Car le temps passe. Cinq jours déjà depuis notre arrivée. Mais heureusement, il n’y a plus long à attendre. Demain, mercredi 1er août, le départ de notre aventure est programmé devant le Centre Culturel Français. Au programme : conférence de presse pour les médias français et chinois, le tout, en présence d’Hervé Ladsous, Ambassadeur de France en Chine. Plus qu’une journée à patienter…. Tout est prêt ou presque… enfin, rien ou presque. Il nous manque le maillon essentiel, celle sans qui notre périple n’aurait de raison d’être : notre partenaire, la fameuse Citroën Torpedo 5 HP, affectueusement surnommée la "vieille dame". Elle aussi attend son heure, lovée dans son container, simple écrin de ferraille qui l’abrite depuis plus d’un mois. Retenue à cette heure par les douanes locales qui chinoisent plus qu’elles n’autorisent, elle s’épuise à ne rien faire, à rester immobile, fixée à des sangles… à ne pas rouler surtout, elle qui est née pour cela. L’administration chinoise nous joue un nouveau tour et un mauvais. Mais à ces petits jeux, nous perdons toujours. Du temps, de la patience aussi. A l’heure qu’il est, il n’est plus l’heure. Il nous faut retarder notre départ. Quelle déception ! Après tant de préparatifs... adieu conférence de presse, au revoir Monsieur l’Ambassadeur, vous-même qui aviez tenu à décaler votre départ de Chine d’une journée pour assister au notre. Au revoir et comme on dit aux douanes, "Bienvenue en Chine"…
Élisabeth Pette & Fabien Hamm
Des Routes et des Hommes"

"Conduire en Chine : mode d’emploi

Enfin ! Nous y sommes sur ces routes chinoises tant désirées. Depuis le 3 août 2007, nous les dévorons des pneus. Notre raid Pékin-Paris 2007 a "enfin" démarré. Que le chemin fut long pour arriver à ces dites routes. Les affres de l’administration chinoise n’auront, au final, pas eu raison de notre patience. Précisons tout d’abord qu’un étranger n’est pas autorisé à conduire en Chine… sauf autorisations spéciales. Et pour les obtenir, il est nécessaire de s’armer de courage, de patience et… d’être accompagné d’un très bon interprète. Vous aussi, l’idée vous tente de conduire en Chine ? Voici la marche à suivre. Tout d’abord, il faut du temps, beaucoup... Près de trois mois en tout pour préparer le dossier et franchir les étapes. Vous devrez en effet tour à tour convaincre les ministères des Armées, de la Sécurité Publique et du Tourisme. A l’issue, si tout se passe correctement, vous vous verrez remettre un permis de conduire temporaire ainsi qu’une plaque d’immatriculation chinoise décrivant votre parcours en détail. Étrangement, le jour où vous serez sensé venir chercher les précieux sésames, il vous faudra sûrement encore patienter… Ce ne peut être si simple. Vous êtes en Chine. Au "Vehicle Management Bureau", alors que vous penserez être proche du but, on vous assènera à coup sûr un terrible : "Un formulaire est manquant. Retournez au bureau 1031, troisième étage, couloir gauche". Nouvelle attente et cette fois, ce seront de nouvelles photos d’identité qui vous feront défaut. Rageant ? Un studio photographique sera à votre disposition trois bâtiments plus loin pour une poignée de yuan. Il vous faudra encore vous soumettre à un rapide examen médical à l’hôpital. Tout y passera : la vue, la taille, le poids… à ne rien y comprendre. Cerise sur le gâteau, un dernier entretien avec un officier de police soucieux des règles de sécurité. Tout cela pour ça nous direz vous ? Croyez nous, le jeu en vaut vraiment la chandelle. Nul besoin d’insister longuement sur notre bonheur d’être au volant de notre "vieille dame" avec en arrière plan la Grande Muraille de Chine, il est visible non ?
Élisabeth Pette & Fabien Hamm Des Routes et des Hommes"

Reportage "Kilomètre 3650"

Chronique "Des Routes et des Hommes"
par Anne-Françoise Lyasse - France Bleu

"Et pendant ce temps ils roulent... de plus en plus vite d'ailleurs. Pensez qu'ils atteignent désormais le 50 de moyenne... on frise leur record en Sologne. Dans ces conditions, ils ont facilement relevé le défi du week-end : dépasser Krasnoïarsk."

Source : France Bleu

vendredi 24 août 2007

1907 - Les folles péripéties de Sibérie (2)

"On les fit remonter vers l'amont ; mais la rivière y était trop profonde et trop tumultueuse pour qu'on pût y risquer la voiture. Après quelques minutes d'attente, des bûcherons qui travaillaient dans la forêt consentirent à aller chercher des chevaux, au prix d'un rouble par cheval. La réquisition prit une heure ; enfin, sur l'autre rive, apparurent six moujiks, longs et chevelus, montés sur des chevaux. Ils mirent les chevaux à l'eau, traversèrent la rivière, et s'emparèrent d'abord des bagages, que les automobilistes venaient de libérer. Guizzardi s'affairait déjà à préserver la machine au moyen de graisse et de chiffons. Les moujiks attelèrent les chevaux à l'Itala et les montèrent en postillon, tandis que l'un d'eux enfourchait le capot ; on fouetta les chevaux, qui entrèrent dans l'eau et halèrent la voiture de l'autre côté. Une fois de plus, on rechargea les bagages. Quelques mètres du voyage vers Paris avaient été franchis, en trois heures !"

C'est au tour de la Spyker d'être aidée par les cosaques russes


Extrait du récit d'Allen Andrews
La course PÉKIN-PARIS 1907
Édition : PLON
Dépôt légal : 2ème trimestre 1966

Reportage "Kilomètre 3150"

Chronique "Des Routes et des Hommes"
par Anne-Françoise Lyasse - France Bleu

"Que les amis et autres inquiets se rassurent : les jours se suivent et ne se ressemblent pas sur le Pékin-Paris. Après les mésaventures nocturnes qui faisaient froid dans le dos au 19e jour de route, l'aventure a repris son cours tranquille. Avaler des kilomètres, laisser la vieille dame digérer, puis repartir, un objectif dans le viseur, Krasnoïarsk, pour enfin trouver des routes dignes de ce nom et rouler à vive allure vers Paris."

Source : France Bleu

jeudi 23 août 2007

Reportage "Kilomètre 2900"

Chronique "Des Routes et des Hommes"
par Anne-Françoise Lyasse - France Bleu

"Depuis le début, avant même d'ailleurs que le projet ne prenne vraiment forme, on parlait de ce voyage comme d'une aventure... L'aventure des Pékinois... C'était le mot. Ca fait rêver une aventure, mais il ne faut pas oublier pour autant, ce que ca peut avoir... d'aventureux..."

Source : France Bleu